Le Rokuyo et les classifications des almanachs chinois
Les six catégories
Le Rokuyo est une succession de six catégories traditionnelles de jours imprimées dans les calendriers japonais. Le système est arrivé au Japon depuis la Chine vers le quatorzième siècle, mais ses noms et ses interprétations ont changé avec le temps. Il est devenu largement connu au Japon à partir de la fin de l’époque d’Edo.
Ces catégories associent des appréciations générales sur une journée à des préférences pour certaines activités ou certains moments de la journée.
| Catégorie | Mois lunaires commençant par cette catégorie | Interprétation traditionnelle courante |
|---|---|---|
| Sensho | 1 et 7 | Matinée favorable, après-midi défavorable ; action rapide favorisée |
| Tomobiki | 2 et 8 | Célébrations favorisées, funérailles à éviter ; midi parfois défavorable |
| Senbu | 3 et 9 | Retenue favorisée ; matinée défavorable, après-midi favorable |
| Butsumetsu | 4 et 10 | Généralement défavorable, sans toutefois exclure les funérailles et les rites commémoratifs |
| Taian | 5 et 11 | Généralement favorable, en particulier pour les mariages |
| Shakku | 6 et 12 | Généralement défavorable, avec une période favorable autour de midi |
Ces interprétations varient selon les almanachs et les explications coutumières. Parmi les lectures alternatives figurent Sakikachi pour Sensho, Senpu pour Senbu et Shakko pour Shakku.
À l’intérieur d’un mois lunaire, la succession parcourt les six catégories dans l’ordre indiqué, puis recommence. Chaque nouveau mois lunaire débute par la catégorie attribuée à son numéro de mois. Le Rokuyo n’est donc pas une semaine ininterrompue de six jours. Sa succession peut sembler faire un saut lorsqu’elle est imprimée dans un calendrier grégorien, car le redémarrage suit la limite du mois lunaire, qui se situe généralement au cours d’un mois grégorien.
Associations calendaires
Le Rokuyo est particulièrement familier dans le choix des dates de mariages et de funérailles. Une famille peut préférer Taian pour un mariage ou éviter Tomobiki pour des funérailles. Ces préférences peuvent influer sur l’organisation par les attentes familiales et les pratiques coutumières des prestataires de cérémonies, même chez des personnes qui ne croient pas elles-mêmes que ces catégories prédisent la bonne ou la mauvaise fortune.
La règle qui attribue une catégorie et la signification qui lui est attachée sont deux choses distinctes. La règle du mois et du jour est un calcul. Affirmer qu’une date favorise le mariage ou déconseille une autre activité relève d’une appréciation traditionnelle, et non d’une prédiction tirée des mouvements du Soleil et de la Lune.
Les almanachs chinois réunissent eux aussi plusieurs types d’informations : dates civiles et lunaires, termes solaires, fêtes et conseils concernant les activités. Les informations astronomiques établissent la place d’un jour dans le calendrier. Les conseils traditionnels lui donnent des associations supplémentaires sans modifier sa date lunaire.
Des systèmes différents
Yi (宜) signifie activités propices, et Ji (忌) signifie activités à éviter. Ces rubriques des almanachs chinois portent sur des actions précises, telles que célébrer un mariage, voyager ou déménager. Une même date peut favoriser certaines activités et en déconseiller d’autres.
Le Rokuyo fournit, quant à lui, l’une des six catégories, interprétée selon ses propres significations coutumières. Taian ne peut pas être traduit par une liste Yi complète, et Butsumetsu ne signifie pas que toute activité doive figurer sous Ji. Les almanachs chinois peuvent également inclure d’autres cycles de jours et des conseils sur les directions, sans équivalent dans cette succession de six catégories.
Une comparaison doit donc tenir compte à la fois de la classification et de l’activité. Deux pages peuvent s’accorder sur la date lunaire tout en donnant des conseils différents parce qu’elles appliquent des systèmes d’almanach différents. Une catégorie générale de jour favorable et une recommandation propre à une activité sont des réponses de nature différente.