Pourquoi le calendrier chinois comporte des mois intercalaires
Les mois intercalaires
Un mois intercalaire chinois est un mois lunaire supplémentaire. Il porte l’année à treize mois tout en conservant la numérotation habituelle de un à douze. Le mois ajouté répète le numéro précédent avec la mention intercalaire. Comme tout autre mois, il possède ses propres jours, à partir du premier jour lunaire. Cela fait partie de la structure luni-solaire du calendrier : les mois suivent la Lune, tandis que leur agencement suit aussi les saisons solaires.
Pourquoi douze mois lunaires sont trop courts
L’intervalle moyen entre deux nouvelles lunes, appelé mois synodique, est d’environ 29,5306 jours. Douze de ces intervalles totalisent approximativement 354,37 jours. L’année tropique moyenne, qui suit le cycle saisonnier, dure environ 365,2422 jours. L’écart annuel est de près de onze jours. Sans intercalation, le début d’une année lunaire de douze mois surviendrait progressivement plus tôt dans les saisons.
La différence devient plus claire sur une période plus longue :
| Quantité | Durée approximative |
|---|---|
| Douze mois lunaires moyens | 354,37 jours |
| Une année tropique moyenne | 365,24 jours |
| Dix-neuf années tropiques moyennes | 6 939,60 jours |
| 235 mois lunaires moyens | 6 939,69 jours |
Dix-neuf années de douze mois contiennent 228 mois. En ajouter sept donne 235 mois, soit une durée très proche de dix-neuf années solaires. Cela explique la formule courante « sept mois intercalaires en dix-neuf ans ». Il s’agit d’une approximation des deux cycles astronomiques, et non d’un calendrier répétitif de consultation pour le calendrier moderne. La place réelle des mois dépend des nouvelles lunes et des termes solaires.
Un mois intercalaire dure lui aussi 29 ou 30 jours calendaires. Ces durées découlent des dates de nouvelles lunes successives : le mois supplémentaire n’a donc pas nécessairement la même durée que le mois ordinaire dont il répète le numéro. L’intercalation chinoise est indépendante du 29 février du calendrier grégorien.
La règle d’intercalation
Les 24 termes solaires divisent la trajectoire annuelle apparente du Soleil en étapes de 15 degrés. Un terme sur deux appartient aux douze termes principaux, espacés de 30 degrés. Le Solstice d’hiver est l’un d’eux. Ces repères relient la numérotation des mois lunaires aux saisons.
La procédure moderne part du mois lunaire contenant le Solstice d’hiver, qui est le onzième mois. Repérez deux mois successifs contenant le solstice et comptez les mois lunaires du début du premier jusqu’au début du second, sans inclure ce dernier. S’il y en a douze, aucun mois intercalaire n’est nécessaire dans cet intervalle. S’il y en a treize, son premier mois sans terme principal est le mois intercalaire. Numérotez les autres mois dans l’ordre et faites reprendre au mois intercalaire le numéro de son prédécesseur.
Cet intervalle d’un onzième mois à l’autre diffère d’une année lunaire allant d’un Nouvel An au suivant. Un calcul nécessite donc des informations de part et d’autre de l’année à numéroter. Il rattache aussi les événements à des jours calendaires entiers : un mois commence à minuit à la date contenant la nouvelle lune, et non à l’instant de la conjonction. Un terme principal tombant à cette date initiale appartient au nouveau mois.
Le sixième mois intercalaire en 2025
La succession des mois en 2025 montre comment un mois peut contenir un terme solaire sans contenir de terme principal. Les dates aux deux extrémités de chaque intervalle sont incluses.
| Mois lunaire | Intervalle de dates grégoriennes | Jours | Terme principal dans le mois |
|---|---|---|---|
| Sixième mois ordinaire | 2025-06-25–2025-07-24 | 30 | Grande chaleur, 22 juillet |
| Sixième mois intercalaire | 2025-07-25–2025-08-22 | 29 | Aucun |
| Septième mois | 2025-08-23–2025-09-21 | 30 | Fin de la chaleur, 23 août |
Le Début de l’automne tombe le 7 août, dans le mois intercalaire. Il appartient à l’autre ensemble de douze termes solaires et ne remplit donc pas la place laissée vacante par l’absence de terme principal. La Fin de la chaleur tombe à la date initiale du septième mois et appartient à ce nouveau mois.
Les anniversaires et les documents historiques
Considérez la mention intercalaire comme une partie de l’identité d’une date. Un enregistrement complet donne ensemble l’année lunaire, le numéro du mois, son caractère intercalaire ou ordinaire et le jour lunaire. Un mois ordinaire et son mois intercalaire contiennent des ensembles de dates distincts, même s’ils portent le même numéro.
Pour un enregistrement de naissance, conservez la date d’origine séparément de la règle choisie pour la célébration annuelle. Une année dépourvue du mois intercalaire correspondant n’offre aucune récurrence exacte de cette date intercalaire. Le calendrier indique les dates existantes, tandis que le choix d’une date de célébration de remplacement appartient à la famille.
Pour un document ancien, conservez également sa formulation, son lieu et la désignation historique de l’année. Les méthodes astronomiques et les conventions horaires antérieures peuvent produire des dates différentes d’un calcul moderne étendu vers le passé.